BELGIQUE: Le Surréalisme est-il soluble dans le Nationalisme ?

Une opinion rédigée pour l’IDJ le 27 octobre 2010 ///

Le Rattachement de la Wallonie et de Bruxelles à la France est un combat d’arrière-garde d’illuminés en manque de publicité.

En consultant le site Internet du Rassemblement Wallonie-France, je me demande comment les «rattachistes» peuvent être convaincus de ce qu’ils avancent.

Le rattachement à la France relève plus du fantasme que de la politique. Les «rattachistes» vivent dans un monde imaginaire où l’herbe est toujours plus verte chez le voisin. Notre Belgique n’est pas parfaite, loin s’en faut. Le bilan de la France, ces dernières années, est catastrophique. «Liberté-Egalité-Fraternité» n’est, hélas, aujourd’hui qu’un slogan qui occulte la réalité française. L’expulsion des Roms et le fichier ethnique de la Gendarmerie en sont deux parfaits exemples.

Les Belges qui vivent dans une société égalitaire et solidaire sont-ils prêts à troquer cet équilibre pour une société de classes, élitiste ?

N’en déplaise aux «rattachistes», le Belge, wallon ou bruxellois, n’est pas un Français. Nous partageons une langue, mais la Belgique est loin d’être la France. Le surréalisme n’est pas soluble dans le Nationalisme. La richesse de la Belgique, notre identité, nos racines sont issues de la rencontre et de la coexistence des Germains et des Latins, des Flamands et des francophones. Coupés de la Flandre, nous perdrions notre âme.

Notre sensibilité belge, la «Belgitude» est incompatible avec le modèle français, républicain et patriotique. Imagine-t-on les joueurs du Standard chanter la sanglante Marseillaise ? Les écoliers francophones vont-ils devoir lire la fameuse lettre de Guy Moquet ? Est-ce que Albert II va perdre la tête ?

Il y a, en France, une tradition nationaliste séculaire qui flirte parfois avec la xénophobie et le racisme. S’intégrer à la France c’est hériter d’un Front National capable d’arriver au deuxième tour d’une élection présidentielle. Sommes-nous prêts à nous fondre dans un pays en complet repli identitaire ? A part être la cible de blagues douteuses, que deviendrait «le Belge» dans l’identité nationale française ?

A l’heure de l’Europe, le «rattachisme» est une idéologie périmée. Agrandir le territoire français quand les petits pays sont plus stables, quand l’Europe des régions se construit est une ineptie. La Belgique a mieux résisté à la crise économique que la France.

Surtout, en tant que Belges sommes-nous prêts à troquer la photo de la famille royale contre celle de Nicolas et Carla sur les traditionnelles boîtes de biscuits ?

Grégory Jacquemin