UE: Bâle III plus strict pour les banques systémiques

Article paru sur le site web de L’Écho le 27 juin 2011 ///

Le Core Tier 1 de ces établissements serait plus élevé et ne pourrait comprendre de « CoCos ».

Dans le cadre des règles de Bâle III, les instances européennes de régulation se sont entendues ce week-end pour proposer que les banques d’importance systémique (SIFIs) soient astreintes à un objectif plus élevé en termes de fonds propres. Le volume de cette tranche supplémentaire (Core Tier 1), évalué entre 1 et 2,5%, ne pourra pas inclure d’obligations contingentes convertibles (CoCos).

« La contrepartie d’un objectif plus bas (que prévu) semble être l’impossibilité d’utiliser des CoCos pour l’atteindre. Il ne faudra compter que sur les fonds propres », a commenté Andrew Lim, analyste chez Espirito Santo.

Aux yeux du Groupe des gouverneurs des banques centrales et des régulateurs (GHOS) en charge de Bâle III, les CoCos sont trop volatiles et pas assez sûres pour être intégrées dans les surcharges de fonds propres qui vont être imposées aux banques.

Un grand nombre de gestionnaires et d’investisseurs bancaires considéraient pourtant les CoCos comme la solution à la question de la recapitalisation. Celle-ci est évaluée à 200 milliards d’euros.

Selon les estimations du Groupe de recherches financières de l’Université catholique de Louvain (KUL), la taille maximale du marché des CoCos pèserait 150 milliards d’euros sur les cinq prochaines années. Pour le groupe de la KUL: « les CoCos pourraient contribuer à créer un système qui ne nécessiterait plus de plans de sauvetage des gouvernements en cas de crise des institutions financières ».

Si la proposition de ne pas intégrer les CoCos est approuvée, cela « devrait déclencher une dernière vague d’augmentations de capital », a commenté Antonio Guglielmi, analyste chez Mediobanca.

Grégory Jacquemin pour L’Écho

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BELGIQUE: Les finances communales sous tension

Article paru sur le site web de L’Écho le 27 juin 2011 ///

L’enquête annuelle de la banque Dexia sur l’état de santé financier des communes belges montre que le contexte économique incertain de cette année pèse sur les finances communales.

Après avoir affronté les premiers effets de la crise de 2008, les communes belges sont à présent confrontées au contexte économique incertain de cette année. C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle sur les finances locales publiée par Dexia à laquelle ont participé plus de 490 communes.

Ces tensions budgétaires se traduisent tant dans les budgets d’exploitation (service ordinaire) que dans les projets d’investissements (service extraordinaire) des pouvoirs locaux. Ainsi, pour cette année, les recettes ordinaires à l’exercice propre se montent à 14,291 milliards d’euros. Une croissance « ralentie » de 1,6% par rapport à 2010. Au cours des deux exercices précédents, la croissance s’était élevée à respectivement 2,5 et 3,7%

Ce ralentissement de croissance est particulièrement marqué en Flandre (0,7%), alors que la Wallonie et Bruxelles se maintiennent autour des 3%.

Les recettes fiscales, qui assurent plus de 50% du financement ordinaire des communes, subissent un « sérieux » ralentissement, avec une croissance limitée à 1,6% seulement alors que, depuis 2007, la moyenne annuelle est de 3,4%.

Selon l’enquête de Dexia « cet essoufflement des recettes fiscales est principalement dû à la taxe additionnelle à l’impôt des personnes physiques qui recule de 0,4% en 2011, contrastant avec la progression de 4,5% en 2010 et de 7,4% en 2009 ». Les recettes provenant des dotations et des subsides enregistrent aussi une évolution plus modérée que lors des exercices précédents (1,8%, contre 2,7% en 2010).

Les dépenses ordinaires des communes, qui s’élèvent à 14,581 milliards d’euros, progressent davantage que l’année précédente (+3,2%, contre +1,9% en 2010). Selon Dexia, les postes de dépenses communales qui progressent le plus sont les dotations aux CPAS (+5,7%) et aux zones de police.

Dans ce contexte, avec des dépenses (+3,2%) qui progressent plus vite que les recettes (+1,6%), les soldes budgétaires enregistrent logiquement une « nette détérioration » en 2011. Le déficit à l’exercice propre (289,2 millions d’euros en 2011, soit 226,3 millions de plus qu’en 2010) est particulièrement criant en Flandre où 216 communes – soit 7 communes sur 10 – seraient dans le rouge.

Selon Dexia, les dépenses d’investissement devraient connaître une croissance « très modeste » en 2010 (+1,5%) et « limitée » en 2011 (+4,5%), ce qui est particulièrement faible à un an des prochaines élections communales. Par contre, l’endettement communal apparaît « globalement maîtrisé », avec un niveau d’endettement brut s’affichant à 14,40 milliards en 2010, « pratiquement stable par rapport aux 2 exercices précédents ».

« Globalement, nous pouvons dire que l’état des finances communales est préoccupant, mais il existe heureusement une marge de manoeuvre grâce aux réserves constituées par le passé », a conclu Frank Lierman, « chief economist » chez Dexia.

Grégory Jacquemin pour L’Écho

NEO AU HEYZEL: un master plan et de multiples scénarios

Article paru dans L’Écho du mercredi 24 juin 2011

Jeudi, à deux pas du Parc Royal, s’est tenue la présentation de NEO, le projet urbanistique de redynamisation du plateau du Heyzel, qui attire chaque année plus d’un million et demi de visiteurs.

LE MASTER PLAN

Au terme de huit mois de sélection, c’est le bureau hollandais qui a remporté le marché avec un projet ambitieux -un « master plan »- dans ses cartons. Tout y est: salle de spectacle de 15.000 places, infrastructure commerciale de 60.000 à 70.000 mètres carrés, hôtels, habitations,… Et last but not least, un centre de convention à vocation internationale de 3.500 places, « le point principal pour la Région » selon son ministre-président, Charles Picqué. L’objectif affiché est de faire du plateau du Heyzel « un nouveau quartier durable » incluant « des fonctions à caractère national et international ».

Outre les infrastructures citées plus haut, il est question de désenclaver l’Atomium des nombreuses aires de parking qui le jouxtent pour les transformer en larges espaces verts et terrains de sport. Seul subsisterait le parking C, le reste serait sous-terrain, y compris le nouveau dépôt de trams.

LES MULTIPLES SCENARIOS

Kees Christiaanse, responsable du projet NEO pour KPAC, précise que celui-ci est « urbanistique avant d’être architectural. Nous nous occupons de l’affectation qui se déroulera en plusieurs phases et seolon de multiples scénarios ».

Pour Freddy Thielemans, bourgmestre de la Ville de Bruxelles, cette approche a l’avantage « de permettre un meilleur contrôle du temps ». Les mauvais esprits trouveront que la méthode « par phases » bien utile pour éviter les questions sensibles: l’impact sur la mobilité, le budget, la relocalisation du stade Roi Baudouin et les relations avec les riverains. Kees Christaanse a rappelé que « les scénarios définitifs des modélisations ne sont pas encore choisis, ils dépendront des négociations entre les autorités, les exploitants et les actionnaires ». À l’évocation de « l’autre » centre commercial, Uplace, qui doit s’implanter à Machelen, l’urbaniste a insisté sur les différences entre les deux projets: « À Machelen, c’est un projet assez autiste où le pôle d’attraction est un grand centre commercial à l’américaine. Avec NEO, le centre d’attraction, c’est le plateau du Heyzel ».

Reste encore la question, ouverte, des attractions déjà présentes sur le site comme Mini-Europe et l’Océade. Christiaanse a voulu se montrer rassurant: « leurs fonctions seront réintégrées, mais elles ne persisteront pas telles quelles. Ces attractions vont devoir s’adapter ». À quel prix? Ce point sera évoqué lors de la prochaine phase du projet NEO dont la finalisation est prévue d’ici quinze ou vingt ans.

Grégory Jacquemin pour L’Echo.

G20 AGRICOLE: la France espère un accord à l’arraché

Article paru dans L’Écho du jeudi 23 juin 2011 ///

Mercredi soir, le président français Nicolas Sarkozy a reçu, à l’Élysée, les vingt ministres de l’Agriculture des économies les plus puissantes de la planète pour lancer les négociations du G20 agricole. Des négociations qui s’annoncent difficiles. La présidence française qui prône une régulation renforcée pour lutter contre la volatilité des prix des produits agricoles risque de se heurter à l’opposition des autres pays, Brésil et Argentine en tête. Mardi, le ministre de l’Agriculture argentin, Julian Dominguez a réaffirmé la position de son pays: « l’Argentine va insister sur l’importance d’une stimulation de la croissance de la production agricole plutôt que sur une régulation de celle-ci ». La France pourrait cependant trouver en la Russie, touchée par la sécheresse en 2010, un allié de poids. Le ministre russe de l’Agriculture a assuré que Moscou « était prêt à soutenir l’élaboration d’un mécanisme de régulation financière et de contrôle des marchés agricoles ».

Outre la régulation des marchés, le plan français se fonde sur quatre autres piliers: hausse de la production mondiale, coordination internationale de la gestion des crises, amélioration de la transparence des marchés (la Chine et l’Inde, peu désireuses de communiquer sur l’état de leurs stocks, s’y opposent) et constitution de réserves d’urgence. Les négociations de ce G20 agricole, une première dans l’histoire, se poursuivent ce jeudi. Hier soir, Nicolas Sarkozy a solennellement appelé les pays à adopter le plan d’actions français.

 

Grégory Jacquemin pour L’Écho

AVEC KLM, ça sent la frite de Paris à Amsterdam

Article paru dans L’Écho le jeudi 23 juin 2011 ///

Saint-Exupéry disait: « Avec l’avion, nous avons appris la ligne droite ». Avec KLM, nous allons apprendre que l’huile de friteuse peut aussi faire les avions.

La compagnie hollandaise, fondée en 1919, vient d’annoncer qu’elle inaugurait une nouvelle ligne Amsterdam-Paris au mois de septembre. Jusqu’ici rien de bien spécial… Si ce n’est que ces vols seront alimentés en biokérosène.

KLM précise que ce biocarburant, fabriqué à partir d’huiles de cuisson, répond aux mêmes critères que le kérosène traditionnel. Il n’y aura donc pas besoin de transformer les moteurs des avions ou les infrastructures de ravitaillement au sol. Camel Eurling, le directeur général de la compagnie aérienne, n’est pas peu fier de cette avancée bio: « KLM vient, une fois de plus, démontrer qu’elle stimule le développement du biokérosène ». Dans la course à la réduction des émissions de carbone, l’utilisation des carburants alternatifs issus de la biomasse est la voie préconisée par le World Wild Fund (WWF). La transformation de la biomasse permet, en effet, d’éviter les écueils des autres méthodes telles que le biométhanol très critiqué pour son impact sur la biodiversité et sur la production agroalimentaire.

Qui sait ? Avec plus de 5.000 friteries dans le Royaume, selon l’Union nationale des frituristes, les huiles de cuisson de notre blonde nationale vont peut-être permettre à des milliers de passagers de s’envoyer en l’air.

Grégory Jacquemin pour L’Echo

USA: La clim’ pour les soldats américains, plus chère que la NASA

Article paru dans L’Écho du mercredi 22 juin 2011 ///

Dans la chaleur suffocante des différents théâtres d’opérations de l’armée américaine, les installations d’air conditionné coûtent chaque année près… de 20 milliards de dollars afin de maintenir une température acceptable pour les troupes déployées en Irak ou en Afghanistan. Ce poste de dépenses, pharaonique, dépasse à lui seul le budget total de la Nasa, fixé à 19 milliards de dollars pour l’année 2011. Pour Steve Anderson, un général à la retraite qui a servi comme logisticien en chef sous les ordres du général  Petraeus, ce coût n’est pas seulement financier, mais aussi humain. Selon ses estimations « au moins 1.000 (soldats) américains ont été tués en transportant du fuel » destiné aux installations d’air conditionné. Les camions de transport sont une cible de choix pour les insurgés. Il plaide pour des « kakis » plus « verts »: l’isolation des tentes et des locaux préfabriqués permettraient une réduction des dépenses de 1 milliard de dollars par an. Plus loin, ce vétéran de l’Irak suggère que le ministère de la Défense américain fasse de l’Afghanistan une zone de tests à grande échelle pour l’utilisation des énergies renouvelables: « Nous devrions apprendre à maîtriser les technologies solaires, éoliennes et géothermiques, les ramener au pays afin de vaincre la plus grande menace qui pèse sur nous: la dépendance des USA au pétrole étranger ».

Grégory Jacquemin pour L’Écho

ALAIN DEHAZE, directeur France, Suisse et Inde chez Adecco

Article paru dans L’Écho du mardi 21 juin 2011 ///

À 48 ans, dont déjà six passés dans le secteur de l’intérim, ce polyglotte belge d’envergure internationale hérite d’un nouveau poste au sein d’Adecco.

Originaire de Tournai, Alain Dehaze est né le 1é mai 1963. De sa mère néerlandophone, il héritera de la passion des langues. Polyglotte accompli, il parle couramment l’anglais, l’allemand, le néerlandais et le français. Entre 1981 et 1986, il poursuit des études d’ingénieur commercial à l’Ichec où il rencontre sa future femme avec laquelle il aura quatre enfants. Pour ses camarades de promotion, Alain Dehaze était « sérieux dans ses études, mais il savait s’amuser quand il le fallait ». Son diplôme en poche, il commence sa carrière professionnelle au sein du groupe Henkel, spécialisé en produits d’entretien. La Belgique, la France, la Suisse: au gré de ses affectations, il gravit les échelons du groupe jusqu’à la position de directeur des produits pour l’Allemagne. Dix ans plus tard, il est débauché par Théo Dilissen, le directeur européen de ISS, pour devenir, en 1997, directeur général de la filière allemande de cette société active dans le domaine du nettoyage. Alain Dehaze entre dans le monde de l’intérim en 2000, lorsqu’il devient le patron de Creyf’s Belgique. Véritable « corporate executive », ses talents d’orateur lui permettent de s’exprimer avec aisance dans les grandes structures internationales.

En 2002, nommé CEO de Creyf’s, il devient un des plus jeune patron des sociétés sur Euronext. Pendant plus de deux ans, il s’attelle à l’assainissement de la société qu’il marie, en 2005, au néerlandais USG, pour former le n°5 mondial de l’intérim.

En 2007, patron d’Humares, il se lie d’amitié avec Marc De Smedt. Ensemble, ils rejoignent Adecco en 2009. De Smedt comme « country manager Belgique et Luxembourg » et Dehaze en tant que responsable de l’Europe du Nord.

Avec sa nomination à la direction de la région France, Suisse et Inde, cet amateur de tennis et de voyages ouvre un nouveau chapitre dans une carrière déjà bien remplie.

 

Grégory Jacquemin pour L’Écho